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SÉNÉGAL : REFORMER LES INSTITUTIONS POUR EVITER L’IMPASSE POLITIQUE !

Posté par: Nioxor TINE| Mardi 26 août, 2014 10:50  | Consulté 4170 fois  |  0 Réactions  |   

Pour avoir sous-estimé l’importance des réformes institutionnelles et avoir, dans un contexte de demande sociale exacerbée, sans cesse, différé leur mise en œuvre, Macky Sall et sa méga-coalition s’acheminent lentement mais sûrement vers une impasse politique, qui risque de déboucher sur une crise politique majeure.

L’observation objective de la scène politique sénégalaise montre une désaffection notoire des masses populaires à l’égard du régime de Bennoo Bokk Yakaar. Cette thèse est étayée par la faiblesse des taux de participation, inférieurs à 40%, aussi bien aux élections législatives de 2012 qu’à celles locales de juin 2014.

Wade battu, le nouveau régime n’a pas su transformer son écrasante victoire électorale basée sur un vote de défiance et de rejet de la coalition Sopi 2012 et de son chef de file, Me Abdoulaye Wade en mouvement populaire pour opérer les ruptures indispensables pour éviter la répétition des dérives wadistes.

C’est ainsi que depuis lors, le peuple sénégalais désabusé, observe un cirque bien particulier, où le nouveau président proclame quotidiennement sa volonté de rupture au moment même où il pose des actes très répréhensibles, similaires, à ceux que le peuple sénégalais a vomi, lors de l’élection présidentielle du 25 mars 2012.

De fait, devant le silence assourdissant d’alliés, avec lesquels, il est vrai aucun document programmatique n’a jamais été paraphé, un clan familial est en train de s’installer, des transhumants aussi suspects que les dignitaires libéraux arrêtés, sont accueillis à bras ouverts au sein de l’APR, les tenants de la refondation institutionnelle sont marginalisés et diabolisés, des conseillers présidentiels récalcitrants et loufoques sont virés, les libertés  démocratiques (particulièrement les franchises universitaires) sont gelées…

En lieu et place des réformes institutionnelles consensuelles de la CNRI et sans entente véritable avec les travailleurs et les masses populaires, le pouvoir concocte ses propres recettes telles que celles portant sur l’acte 3 de la décentralisation, le Transport, l’énergie, l’eau, l’assainissement, la Santé, l’enseignement supérieur et l’Ecole.

Il en résulte des situations de conflit innombrables, survenant dans un contexte d’extrême austérité, accompagnées de coupes budgétaires inexpliquées, réduisant comme une peau de chagrin la base sociale du nouveau pouvoir yakaariste.

La survenue dans ce contexte du crime crapuleux contre Bassirou Faye, un jeune étudiant diourbelois, loin d’être un coup de tonnerre dans un ciel serein, risque plutôt de devenir la goutte d’eau qui fera déborder le vase du louvoiement et de la roublardise !

Les adversaires politiques du régime ne se privent d’ailleurs pas de profiter des failles et des incohérences d’un régime sans programme ni feuille de route basé sur une Coalition hétérogène de leaders avides de strapontins, comme vient de l’illustrer le déroulement du scrutin local du 29 juin 2014.

Face au discrédit grandissant de l’élite politique et de la société civile, dont la plupart ont montré leurs limites au niveau des conseils de collectivités locales, (en monnayant leur soutien aux divers candidats), à l’impasse probable de la traque des biens mal acquis, à l’agonie du système scolaire et à la déchéance des services sociaux de base, le président Macky Sall n’a plus d’autre choix que de poser des actes forts, notamment :

La sanction des autorités politiques impliquées dans la gestion politique de la crise universitaire, en attendant les procédures judiciaires ; La tenue d’un référendum sur les réformes institutionnelles, y compris la réduction du mandat du président de la République, (subrepticement modifiée par le Parlement de Wade, à la faveur de la Loi constitutionnelle n° 2008-66 du 21 octobre 2008).  Cette loi, dont l’article 27 porte la durée du mandat du Président de la République à sept ans, renouvelable une seule fois, ne peut être révisée que par une loi référendaire. L’organisation de concertations véritablement inclusives au niveau des départements gouvernementaux les plus importants (Santé, Education, énergie, eau, assainissement, Transport, Agriculture, Pêche…etc.)

A un mois de la moitié du mandat présidentiel, qui ne saurait aller au-delà de 2017, il est temps pour le président Macky SALL, de redresser la barre, avant qu’il ne soit trop tard !

Dakar, le 17 août 2014

Source: http://galsenspring.wordpress.com/

 L'auteur  Nioxor TINE
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Nioxor TINE
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